Les Storyboards
" L'Echouée"
Photographies,Modèle, Mise en Scène et Texte: La Muse Macabre®
Triptyque Mythologique
Tous Droits Réservés
" L'Echouée "
" La Sirène "
" Elle est née de l’eau, mais c’est la terre qui l’a trahie.
Longtemps, elle a suivi l’ombre des navires croyant que les coques portaient des promesses, que les hommes savaient aimer sans capturer.
Elle offrait sa voix aux abysses, sa peau au sel, son cœur aux courants.
Mais l’amour qu’elle appelait ne descendait jamais jusqu’à elle.
Pris dans des filets invisibles, son désir se débattait, se blessait, se fatiguait.
Meurtrie.
Alors la mer l’a rejetée.
Sur le sable froid, elle rampe encore, le corps lourd de rêves noyés. Ses doigts agrippés à ce monde qui ne veut pas d’elle.
Ses cheveux lui masquent le visage comme pour la protéger de la dernière désillusion. Celle de trop.
Insoutenable.
Avec un œil. Un seul. Pour témoigner de sa résilience.
Que l'amour échoué n’est pas mort.
Il respire encore, dans la mousse, dans le sel, dans cette main tendue vers le vide.
Elle n’attend plus d’être sauvée.
Elle espère que la mer se souvienne d’elle.
Et l'emporte... "
La Muse Macabre®
" L'Ombre "
" Je n’ai jamais eu de nom. Seulement une forme qui glisse entre la lumière et le fond.
Je suis ce qui traverse sans regarder, ce qui désire sans descendre. Ce qui jette des filets et appelle cela une rencontre...
Je l’ai vue. Pas comme on voit un être, mais comme on repère une richesse. Un éclat sous la surface.
Une promesse à remonter.
Je n’ai pas entendu sa voix. Je n’écoute jamais ce qui chante trop profondément.
J’ai préféré la tension de la corde, le poids dans mes mains et la certitude de posséder.
Quand elle s’est débattue, j’ai cru qu’elle m’implorait.
Je n’ai pas compris que c’était déjà une perte, je l’ai laissée là quand elle n’était plus utile.
Ni prise, ni vivante à mes yeux. Juste un reste. Une créature usagée. Désabusée.
Je suis reparti en laissant derrière moi le silence, le sable marqué par les stigmates de mes mensonges. De ma toxicité abusive.
Abandonnant à son triste sort ce corps qui continuait d’aimer alors même que je l’avais oublié. Gisant à terre, pendant que je prenais le large.
Je suis l’Ombre. Je passe. Je prends. Je consume.
Je disparais.
Et je ne me retourne jamais. "
La Muse Macabre®
" La Mer "
" Je l’ai vue avant qu’elle ne tombe. Avant que son cœur ne devienne trop lourd pour nager.
Je l’ai portée dans mes creux, je lui ai appris la patience des profondeurs, le langage lent des courants, le silence qui ne ment pas.
Mais elle levait toujours les yeux vers la surface.
Elle aimait ce qui passe sans rester, les ombres de bois, les voix humaines, les promesses rapides.
Je lui ai murmuré de ne pas suivre, je lui ai enroulé mes algues autour des chevilles pour la préserver.
Elle a cru que je la retenais par jalousie. Alors, alors je l’ai laissée partir...
Consciente que la terre ne sait pas aimer ce qui respire autrement. Elle capture, elle assèche, elle oublie.
Je savais qu’elle reviendrait brisée, les mains ouvertes, le regard fendu.
Quand elle s’est échouée, je ne l’ai pas reprise tout de suite.
Je l’ai laissée sentir le poids de l’attente, la brûlure du sable, la honte d’aimer sans retour.
Ce n’était pas une punition.
C’était une leçon. Car l’amour qui ne survit pas à l’abandon n’est pas assez profond.
Je suis la mer.
Je reprends toujours ce qui m’appartient.
Même elle, celle qui s’est crue aimée ailleurs, s'est laissée emporter par des chimères.
Mais la mer reprend toujours ce que les hommes, pauvres crétins, n’ont pas su aimer. "
La Muse Macabre®
" De L'Autre Côté Du Miroir "
Photographies, Mise en Scène et Texte: La Muse Macabre®
Modèles : Hugues Roger, Estelle Lamotte & La Muse Macabre®
Styliste des Robes " Macabre Queen ", " Burlap Muse " & " Burlap Estelle " : Hugues Roger
Tous Droits Réservés
" De L'Autre Côté Du Miroir : Alice "
" A la fraicheur d'une nuit, Alice était allongée dans l'herbe haute.
Le Lune plombait ce ciel d'un bleu abyssal enivrant, éclairant les feuillages sombres parsemés de nébuleuses éclatantes.
Les mots s'échappaient du Livre, se déployaient, sillonnaient les airs d'une mélodie si douce, d'un ennuie profond.
La jeune fille était ailleurs , perdue dans ses pensées, elle errait au cœur de ses songes, déambulations nocturnes au sein d'univers fantasmagoriques jusqu'alors inexplorés.
Solitaire, elle divaguait dans sa bulle, sphère parallèle utopique.
" - Un jour, tu n'en reviendras pas, tu seras aspirée par tes délires! " lui disait-on sans cesse.
Elle n'en avait que faire, bien trop lassée par cette réalité soporifique dénuée de fantaisie, faite de contraintes et d'interdits.
Elle était trop curieuse, avide d'aventures, d'explorer le monde et ses mystères.
D'une véracité si absurde et décevante toutefois...
Alors, elle sortait de son corps, devenait un spectre, une âme éclairée ôtée de ses chaines dorées.
Caressant l'au-delà du bout de ses doigts gantés. Et elle revenait, apaisée.
Elle était délicate et naïve. Bien trop pure et idéaliste pour appréhender les conséquences.
S'enfonçant un peu plus à chaque voyage dans ces dédales féériques qu'elle s'inventait...
Les retours devenant peu à peu très difficiles, douloureux.
" -Tu es en retard! Tu es en retard, ma chère! " murmure une voix au loin...
Et il apparut de nulle part, déboulant à toute vitesse, une montre à gousset cuivrée à la main sur laquelle on pouvait lire le prénom " Alice ".
Son œil était vif, amical et inspirait à l'invitation.
Il était paré d'un costume sombre bien qu'étincelant de splendeur.
Sans s'arrêter, il lui lança " - Allez! Allez Ma Chère! Tu es en retard, ils t'attendent depuis une éternité!!! "
Sans réfléchir, fascinée, elle lui emboita le pas et s'enfonça dans le terrier.
Et ce fut la chute.
Vertigineuse.
Palpitante.
Aux saveurs psychédéliques inconnues.
Une plongée démente effrénée.
A la poursuite du Lapin Noir. "
La Muse Macabre®
" De L'Autre Côté Du Miroir : Buveurs d'Innocence "
" Le temps s'écoulait, tournait à une vitesse décadente au gré des aiguilles qui s'affolaient sur le cadran. Alice glissait le long de ce toboggan verdoyant, contemplant ces paysages incroyables et irréels défiler devant ses pupilles ébahies.
De panoramas sans fin s'assombrissant peu à peu.
Le Lapin Noir, lui, grandissait encore et encore.
Où était-ce elle qui rapetissait?
Elle atterrit dans un royaume décoré d'arches majestueuses et de fleurs d'un rouge écarlate aux contrastes obscurs. Dégageant des effluves suaves bien que toxiques, des pétales comme suspendus, virevoltant gracieusement .
" - Qui est là? Gaaaaardes! " s'écria une voix hystérique.
" - Votre Ma... , Votre Majesté, Je suis Alice. "
" - Alice! Alice? Je ne connais pas d'Alice. " elle marqua un temps d'arrêt. Et enchaina.
"- Encore une petite impertinente qui ne s'incline pas devant sa Reine! Ai-je l'air d'être votre amie, Ma Chère?
Je ne vous connais pas le moins du Monde. Et vous ne maitrisez point les règles et coutumes en ces lieux, il semblerait. Honteux! "
"- Mais, Mais... Majesté, je... " murmura Alice
" - Mais... Mais... Je... " l'imita t'elle moqueuse bien qu'agacée.
Elle haussa le ton. Alice sursauta.
" - Vous quoi? Exprimez-vous, Ma Chère! Je ne vais pas vous dévorer, j'ai déjà diné. "
Un rire sarcastique inonda la pièce et fit écho dans tout le domaine.
Alice la coupa.
" - Vous m'avez invitée, Votre Majesté et je suis ravie de... "
" - Osez-vous dire que je perds la tête? Que je suis cinglée? Et vous m'interrompez en plus? Voyons. " s'insurgea la Reine, l'air exaspérée.
" - Mais..." balbutia la jeune fille...
" - Sileeeeeence! Je ne veux plus vous entendre, votre voix m'irrite. Si frêle que vous êtes! Petit insecte. Gaaaaaaardes!!!!!!! La sentence!!!!! Coupez lui la tête qu'on en finisse! "
Les cartes s'envolèrent violemment formant un tourbillon tranchant, comme pour illustrer la colère irascible qui grondait.
La Reine leva l'index élégamment en direction de sa gorge, le menton haut et fier. Les serres affutées. Tel un juge appliquant les codes d'une rigueur implacable. Déterminée.
Elle inspecta ses sujets d'un regard grave. Sombre. Menaçant.
Créant un moment de flottement. De paralysie générale. Elle terrifiait la foule médusée.
Balayant d'un geste toute forme d'opposition, s'offusquant de disgrâce.
Puis les gardes se mirent à s'articuler, à l'assaut d'une Alice pétrifiée, ne sachant que rétorquer.
" - Mais... Mais... La Loi prévoie que... " tenta Alice.
" - La Loi? Quelle Loi, ma petite. Ici, la Loi, c'est MOI! Gaaaaardes! " hurla la Reine.
Alice sentit le sol trembler sous les pas de son armée résignée qui chargeait en sa direction. Sidérée. Acculée face à ce scénario absurde qu'elle ne maîtrisait plus .
" - Ah! Elle est là! Notre petite Alice! Si jolie, si pure... " dit-il en lui pinçant les joues.
" - Alice... Ah oui! Alice. " s'écria la Reine hébétée.
Et il se tourna vers celle ci.
" - Vous l'avez chaleureusement accueillie, je l'espère?
Honorée de toute l'élégance et la subtilité dont je vous connais, Votre Majesté!
Il esquissa un rictus.
"-Vous paraissez froissée, pensez à votre doux visage... "
" -J'allais la décapiter! Vous arrivez à pic, hélas ! Vous gâchez toujours les réjouissances ! Mais elle est si minuscule, une ridicule petite chose, je ne l'ai pas reconnue, voilà tout. " dit-elle avec désinvolture.
Alice était amusée par l'arrogance de ce dernier. Guère intimidé par le charisme désarmant de la belle écarlate.
" - Je me présente, Le Chapelier Fou, pour vous servir et épargner votre tête... "
Il s'inclina devant elle.
"-Excusez Ma Dame de Cœur, si caractérielle et délicieusement extravagante. Elle ne sait plus que faire pour attirer l'attention. "
" - Tout... Tout le monde est fou ici? s'interrogea Alice.
" - Bien sûr! Vous l'êtes tout autant, Très Chère! Enfin, un peu plus qu'hier et beaucoup moins que demain. "
" Allez! C'est l'heure du thé ! Nous avons un non- anniversaire à fêter ! "
Se réjouissait t'il !
" - Buvez cela, Très Chère ! "
Il lui tendit un flacon à moitié rempli d'un breuvage bleu hypnotique qu'elle bu d'une gorgée sans réfléchir.
Elle se mit à grandir , grandir, inconsciente de ce qui l'attendait...
Les lieux étaient les mêmes , bien que totalement différents . Sous l'arche principale ornée de fleurs, à présent roses, une table faste aux délices sucrés les appelait à prendre place...
A cet instant précis, ces limbes magiques aux rencontres abracadabrantesques imprégnaient ses entrailles.
Son sort était scellé mais elle l'ignorait encore...
La Reine et Le Chapelier étaient complices, des Buveurs d'Innocence se nourrissant de la candeur.
Alice mangea le petit macaron rose, loin de se douter qu'elle ne serait plus jamais la même. Plus tout à fait.
Et les aiguilles se mirent à vaciller.
Les minutes s'envolèrent à l'envers.
Remontant l'horloge à toute vitesse.
Les chiffres sans dessus dessous.
Alice était figée...
Tandis que eux rajeunissaient... "
La Muse Macabre®
" De L'Autre Côté Du Miroir : Chrysalide "
" C'est alors que les lieux mutèrent. Déployant des contrastes familiers bien que plus sombres.
La végétation luxuriante, quintessence d'une noirceur pernicieuse, faisant apparaitre des épines tranchantes, aux extrémités acides...
Alice se vit au détour d'un miroir, elle s'arrêta net. Elle n'était plus la même. Méconnaissable.
Le temps ayant fait son œuvre sur son doux visage de jeune fille.
Son regard s'était assombrit, lui aussi.
L'iris si obscur qu'il se noyait dans sa pupille. Ouvrant une fenêtre grandiose sur les Abysses d'un Wonderland déchu.
Dénué d'illusions à présent.
Ses cheveux s'étaient teintés d'un noir profond, longs, aux boucles sauvages et indomptables.
Elle se mit à hurler d'effroi face à cette vision absurde .
Elle touchait son visage, grimaçait comme pour se convaincre que ce n'était pas elle.
Qu'il s'agissait d'un mirage, les chimères les plus dingues prenant vie en ce pays imaginaire.
" - Je rêve. Je vais me réveiller comme toujours et... " se dit elle.
Le Lapin, amusé, la coupa.
" - Te voilà avec nous maintenant! Tu es chez toi! Nous t'attendions depuis une éternité, ma folle amie. Nous mourrions d'ennuie. " il lui tire sa révérence et reprend.
-Suis-moi! Il est l'heure de découvrir ton rôle! Le Chapelier n'a pas toujours été le Chapelier. Et Notre Reine n'a pas toujours été ainsi, tu sais! Il se dit même qu'elle a été gentille, il fût un temps. Difficile à croire, hein? Mais! Il s'avère que dans ce royaume capricieux, sans queue ni tête, sans repères; la démence exulte et l'horloge s'affole. Les aiguilles comme compte à rebours d'une véracité brute et insolente.
Et la moindre ride les rend irascibles, ces deux là! Fort heureusement, rien est immuable ici! "
" - Donc il s'agit de cela? C'est bien moi et je suis devenue... " elle marqua un temps d'arrêt, hésitante.
" - ... Vieille. "
" - Ne dis pas ça. Jamais. Ce mot est banni. Interdit. Tu veux déclencher leurs foudres, qu'ils te congédient dans l'antichambre de Wonderland?" ses oreilles se dressèrent et son ton devint grave tout à coup.
" - Allez viens... Le temps est une boucle, ma chère, nous devons retourner où nous nous sommes rencontrés la première fois... "
Et il s'engouffrèrent sous cette arche de bois parée de ronces et de fleurs dont les effluves l'enivraient.
Soudain intrépide.
Elle se sentait imprégnée, fascinée. Différente.
Sortie de sa Chrysalide.
L'enfance envolée.
Au cœur de ces limbes féériques aux délices hallucinatoires, elle renaissait . "
La Muse Macabre®
" A l'Amour, à la Mort "
Thème, Mise en Scène, Modèle et Texte : La Muse Macabre®
Photographie : Mioss
Tous Droits Réservés
" A L'Amour, à La Mort..."
" A Brest, le 21 Novembre 1949,
Me voilà face à nos vestiges, ces souvenirs autrefois si doux, à présent sacrifiés. Échoués.
Me tranchant comme des lames, des couteaux acérés...
Depuis que tu as disparu.
Lorsqu'un beau jour, tu as cessé tout contact, lâche, méprisant de notre histoire.
Te souviens tu de tes promesses?
De tout ce cinéma, de cet horizon qui se dessinait dans tes yeux.
De ton cœur palpitant qui vibrait sous mes courbes lorsque tes mains me caressaient?
Durant ces deux ans d'un silence fatal, ravageur, je t'ai épié, agonisante.
Ne pouvant tourner la page, te traquant dans l'ombre de ces ruelles, témoins de mon spectre errant au sein des abysses de ma tristesse...
Ravalant mes mots et ces pulsions assassines qui me tiraillaient les viscères, patientant le jour du face à face, piégé à ton tour, où tu ne m'échapperais plus.
Car il faut en finir. Oui!
Ne pense pas que cet attachement, cette douleur dévastatrice et déchirante de vivre sans toi ne procure en moi la moindre faiblesse.
Je n'en suis plus là à te pleurer.
A attendre ton retour.
Je n'espère plus, lasse de ne plus vivre, de vibrer, tout me paraissant fade. Par ta faute.
Alors, je patiente, fébrile, certes.
Me répétant tes actes. Martelant mon esprit du poids de tes mensonges.
Comme tabassée par ces humiliations, ces questions tournant sans cesse dans ma boite crânienne.
Que je souhaiterais exploser, pour qu'elle cesse ses assauts de tes apparitions fantomatiques, de mes désillusions malsaines. Meurtries.
Marionnette en souffrance articulée par les fils de mon désespoir.
Je t'ai laissé faire ta vie, te débattre avec ton démon...
Viens l'heure du règlement de compte, du glas fatal de ton arrogance, ta double vie, et tes mensonges chroniques et pernicieux pour t'en sortir indemne.
Je dois en finir, éradiquer la bête. Ce monstre nauséabond que je ne voyais guère, trop hypnotisée par tes chimères.
Et ainsi, je serais le dernier visage incrusté dans ta rétine, te hantant à mon tour à chaque instant.
Chaque minute qui passe, comme envouté...
Pour l'éternité.
La sens tu cette divine odeur?
Celle de tes dernières adorations, tes ultimes rires jusqu'à ton dernier souffle, délivrant mon poison?
Celui qui me faisait suffoquer, à l'article de la mort au sein de mon théâtre macabre à l'ironie clandestine; frissonnant de plaisir en fantasmant ton exécution.
Et je renaîtrai tant bien que mal, tragédienne scarifiée n'ayant plus confiance en quelques passions.
Muse désabusée par ces mirages, ces sentiments amers et désenchantés puisque de ma naïveté tu as abusé jusqu'à la déraison.
Laissant les tripes à l'air cette dramaturge cinglée qui aurait pu saigner, crever pour toi; prendre le pouvoir sur la destination..
Tel est pris qui croyait prendre, d'être au lever du rideau stratège, et au coup final un vulgaire pantin médusé de la situation.
D'avoir sous estimé ta sirène, cette créature dont tu ne pouvais détourner l'attention...
J'ai mis du temps à m'y résoudre et m'y contraindre, mais je devais te tuer, que tu ne sois plus qu'une lointaine image d'un passé issu de mes songes, délectable bien que douloureux comme une tumeur inextricable, inguérissable d'une hurlante et mortelle vérité.
Que tu ne sois plus, tout simplement.
Puisque cela m'était insupportable de ne plus être ton univers.
Perdue, esseulée.
Comme séquestrée dans un enfer trop réel, d'un vide sidéral. Sidérant.
Tu ne liras jamais cette lettre, non.
Mes mots s'effaceront comme ils se sont couchés au dos de cette photo indigeste, symbole d'un amour massacré dans le fracas d'une bombe.
Déployant mes maux tels des sillons diaboliques, écoulement de cette noirceur dévorante au cœur d'une nuit ténébreuse et larmoyante.
Et sous cette pluie torrentielle, mon cœur se remettra à battre...
Car tu te mourras, loin des projecteurs, toi aussi.
A charge de revanche, d'une énième guerre, dans une autre vie.
Ta Muse. " La Muse Macabre®
Tous Droits Réservés
" The Muses Projects "
Mise en Scène, Photographie et Texte: La Muse Macabre®
Modèles : StarStorm & La Muse Macabre®
Styliste du Trench Coat " Cosmos" & de la Veste Or " Aour" : Hugues Roger
Tous Droits Réservés
" Planète Terre, 10 Juillet 3022.
Au cœur d'un Monde à la faune hostile, à la flore luxuriante d'une quintessence fascinante ; après des années de pandémie, ponctuées de catastrophes naturelles sévissant avec fracas.
Brisant l'équilibre.
Laissant ses habitants démunis de toute forme de technologie, occultant la passion et l'esthétisme.
Dénués d'âmes, sacrifiés pour avoir épuisé les réserves.
Comme lobotomisés. En punition...
Téléportées de la Planète Couture émergente " Saturne à Patron " où le Créateur Hugues Roger œuvre en Maître, Starstorm et La Muse Macabre étaient chargées d'une mission de haute voltige...
Irradier la Terre de ses créations divines, bannir de l'Univers le mauvais goût et le synthétique et raviver les flammes enchanteresses.
Invasion cosmique vouée à s'emparer des ficelles, tel un marionnettiste à la tête d'une armée de Clones de la Mode dirigés par ses deux Muses, Créatures Célestes de la Haute Couture.
Ses Espionnes stellaires chargées de magnifier le peuple, éveiller les cœurs et faire renaître l'élégance et la décadence ...
Prêtes à en découdre, quoiqu'il en coûte . " La Muse Macabre®
" The Muses Projects "
Episode 1 : Discovery
" A peine les talons posés sur la Planète Terre, Le Créateur s'envolant serein vers " Saturne à Patron ", elles furent émerveillées par ces plaines sauvages où la nature avait repris ses droits.
Florissante, luxuriante. Presque irréelle.
De la verdure s'étalait à perte de vue, palette déployant ses dégradés primaires d'un bleu intense parsemé de nébuleuses éclatantes roses orangées à l'aura fascinante.
Elles ne pouvaient détourner leurs pupilles, exaltées par ce retour tant attendu et cette brise terrestre caressant leurs visages, enfin!
Elles n'avaient rien admiré de tel depuis plus de 1000ans.
Comme éveillées d'un coma profond, déboussolées par ces souvenirs qui défilaient dans leurs têtes; d'une époque révolue où elle étaient mortelles; bien avant ces visions apocalyptiques ayant tout éradiqué, sacrifié les âmes.
1000 ans s'étaient écoulés, comme une éternité à espérer, planifier La Mission.
Songe paraissant sans retour. Condamnées, craignant d'être aspirées dans le trou noir...
La fuite avait été chaotique, déchirante lorsque le Créateur les avaient emmenées loin des leurs. Elues.
L'heure était venue, elles le savaient, il avait tout misé sur elles, il en était de la survie de l'espèce.
Mais les sensations étaient si douces, la découverte trop enivrante...
Tentation irrésistible, jouissive comme une renaissance. Une résurrection propice aux enfantillages.
Au Soleil couchant, pas un humain à l'horizon.
Elles n'étaient pas à la minute.
La Mission pouvait attendre.
Demain. " La Muse Macabre®
" The Muses Projects "
Episode 2 : Memories
" Le temps défilait si vite sur Terre, les Muses n'avaient plus de repères, survoltées à chaque découverte, hypnotisées.
Elles ne pouvaient y croire, tout avait ressuscité comme par Magie. Plus époustouflant encore.
Ou était-ce elles ?
La dernière fois, il ne restait qu'un tas de cendres, un désert d'un noir obscur s'étalait à perte de vue, des corps en flammes lévitaient telles des statues flottantes, immortalisées dans les airs. Habillant ce ciel d'un camaïeu rougeâtre aux constellations spectrales.
Tableau incandescent d'une vibrance sanguinaire déchirante à la beauté écarlate. Aux contrastes vertigineux telle une brèche ouverte sur le chaos des Enfers.
Peinture éclairée par ces milliers de pupilles terrifiées, déchirées d'effroi, d'interrogation, pantins de l'Univers. Punis.
Ces visions les hantaient encore. Transperçaient leurs songes. Hélas !
Et ces questions qui les martelaient sans cesse...
Seraient ils tous là ? Éternels eux aussi ? Régénérés du brasier ?
Seraient elles un vague souvenir tel un fragment, une poussière d'étoile dans le néant de 1000 années d'absence ?
Après des années d'errance en autonomie, enfermés, confinés dans le vaisseau du Créateur, en proie à la fatalité d'un environnement pernicieux désireux de tout balayer.
Aspirés dans le confin de ce vide sidéral, redoutant le trou noir...
Saturne à Patron avait été leur terre d'asile au cœur d'une galaxie lointaine jusqu'alors inexplorée...
Où tout était à construire.
Un Nouveau Monde étincelant d'une virginité pure. Haut lieu de vie, d'inspiration et de création où rien ne mourait.
Où les âmes et les corps vivaient en harmonie, où les êtres s'épanouissaient sans limite, la banalité étant proscrite, la bienséance aussi, les émotions s'exprimaient sans tabou. Libres. Vibrant des passions.
Suspendus dans le temps...
L'écoulement du sablier n'ayant aucun sens, plongés dans l'infini d'une quête mystique, à la poursuite de chimères.
Au nom d'un idéal . " La Muse Macabre®
"Abyssale"
Photographie, Texte, Mise en Scène & Modèle : La Muse Macabre®
Styliste du bustier et la veste en jeans apprêté en peau de maquereau argenté: Hugues Roger
Tiare Sirène : La Muse Macabre®
Lieu: Audierne
Tous Droits Réservés
" Abyssale "
" La Légende prétend que chaque premier matin d'été, elle apparait.
Emerge des eaux profondes de le Bretagne...
Exaltée par l'ivresse de cet air vivifiant, affamée par l'odeur séduisante de ses proies.
L'alléchante attente de la traque.
Un Monstre marin merveilleux, une créature macabre de mauvais augure accompagnée de sa horde obscure...
Cruelle. Vicieuse. Dénuée d'empathie.
Aux catacombes meurtries.
A l'âme sombre, brisée.
Abyssale. "
La Muse Macabre®
" Crépuscule "
" C'était un de ces chauds premiers matins d'été.
Tôt. A l'aube.
A ces heures où il n'y a guère âmes qui vivent...
Terres endormies, évanouies dans la pénombre. Paisibles. Comme inhabitées de ses nuisibles.
Ces êtres abjectes qu'elle avait fuit il y a longtemps déjà. Ne pouvant se résigner à se contraindre aux règles.
Au sacrifice.
Aux faux semblants.
Aux jugements étriqués de la société.
Très loin de ses aspirations profondes.
Esprit bien trop Libre et controversé pour être compris de ses congénères...
Elle appréciait cette solitude, étendue sur les rochers, caressée par la fraicheur de la brise iodée. Rassurante.
Enveloppée par les rayons du soleil qui lui avaient tant manqués. Balayant et étincelant sa longue chevelure sauvage d'un noir mortuaire.
Bercée par la mélodie du clapotis des vagues, transpercée par les cris hérétiques de sa horde indisciplinée, avide de chairs fraichement saignée.
Instants parfaits précédant la tempête, affutant les griffes assassines de son courroux sur les roches abruptes et tranchantes.
Rêvassant et frissonnant à l'ivresse de la chasse, du festin imminent à l'idée de ses serres plantées dans les corps endoloris et apeurés.
Tuméfiés.
Elle avait toujours été différente, rebelle et étrangement sombre. D'une beauté fatale bien que déroutante.
Elle était souvent furieuse, hystérique sans raisons apparentes.
Brisée, démolie depuis son naufrage.
Rongée par la douleur de la trahison, l'amertume du scandale.
Certains prétendaient qu'elle agissait par vengeance, d'autres par plaisir.
Il se disait même qu'elle se délectait lorsqu'ils imploraient grâce. Haletants. Suppliant sa clémence.
Elle jouait avec leurs vices , les bas instincts, les faiblesses inavouées qui gouvernaient les hommes.
Fascinés et ensorcelés par la créature se nourrissant de leurs désirs, de leurs espoirs et de leur soif de vivre.
Cernés comme des proies. Paralysés. Figés. Ne pouvant se débattre.
Piégés aux seuils de ces carcasses. Ses précieux trophées.
Géants de bois menaçants
Dessinant une fenêtre sur les ténèbres.
Mouroir précédant la chute.
Leur dernier voyage, plongés au cœur de ses pupilles obscures, s'enfonçant vers les profondeurs.
Les Abimes comme ultimes sépultures. Ravagés. Tourmentés.
A ses côtés.
Pour l'éternité. "
La Muse Macabre®
Abyssale : Extase
" Une odeur se fit sentir au large.
Persistante. Enivrante.
L'heure était venue...
Depuis sa fuite, exclusion viscérale, brutale; les victimes s'étaient succédées.
Terreurs spectrales figées à jamais au sein des abysses.
Déployant des centaines de statues aux visages déchiquetés par la douleur.
A perte de vue.
Décorant sa demeure tel un musée mémoriel habillant les fonds marins.
Elle ne voyait pourtant que lui lorsqu'elle les annihilait.
Celui qu'elle avait laissé filer. Bien trop blessée pour le réduire au néant.
Mirage déchirant qu'elle se remémorait en éternelle pénitence.
Recommencement incessant. Indigeste.
Une boucle fatale corrosive et inextricable la rassasiant sur le moment...
Sacrifices attisant sa haine. pourrissant ses catacombes rongées par les rancœurs.
Renaissance ponctuée d'apparitions volatiles assassines aux chants lyriques entêtants.
Requiem ensorcelant auquel ils ne parvenaient à résister.
Le poison se propageant au rythme des notes de sa mélodie. Douce et suave.
Creusant des sillons acides et abrasifs. Des écueils Fétides.
Attendrissant les chairs. Faisant bouillir les cœurs.
Prémices délectables. Extatiques.
Amuse bouche avant qu'elle y plante ses griffes.
Les dévore.
Membres après membres.
Jusqu'à être repue de leurs organes encore fumants, suintants.
Donnant les restes en pâture à sa horde fidèle. Hérétique.
En offrande. "
La Muse Macabre®
" Abyssale : Festin "
" Ne croyez pas qu'elle était abominable. Elle était juste écorchée comme l'abrasion de la roche à travers les affres du temps.
Façonnée par l'usure des ressacs et des rafales s'engouffrant sur sa carcasse massacrée, à l'image de ces monstres de bois qu'elle fracassait d'un coup de nageoire d'une force titanesque.
Littéralement explosés, démantibulés.
Gisant sur la plage tels des cadavres en putréfactions.
Ses passagers à sa merci.
Alors non!
Elle ne les épargnait guère lorsqu'ils l'imploraient.
Lui hurlaient de les laisser partir, ou du moins d'abréger leur souffrance.
Antichambre de l'enfer où s'épanouissait la noirceur, où giclait le sang.
Elle s'amusait, se jouait d'eux, alternant douceur et empathie avec cruauté et démence.
Les faisant espérer, juste pour les torturer un peu plus...
Elle pouvait se montrer séduisante, user et abuser de ses charmes juste avant de leur trancher la tête .
Et ainsi d'un simple geste, formel, annoncer l'heure du festin...
Ses corbeaux se ruaient sur leurs victimes et bouffaient les restes dans un raillement assourdissant, de cris perçants et déchirants.
C'est alors qu'elle s'évadait, disparaissait dans l'océan.
Satisfaite d'agrandir sa collection.
Elle ne saisissait pas les pensées qui gouvernaient les hommes...
De fantasmer sur la beauté et l'excellence et de n'épouser toutefois que la voie de la médiocrité.
Fade et sans saveur.
Elle ne voulait plus aimer.
Ne plus enchaîner son cœur à ces amants de passage et ainsi ne plus être faible. Clandestine de son propre corps.
Errante et vide. Ne plus souffrir. Se sentir abandonnée. Trahie. Jamais.
Elle aspirait à être libre.
Elle jeta un regard doux et affectueux vers sa galerie de portraits .
Visages flous, déformés par l'eau, rongés par le sel; l'effroi, la terreur.
Les traits teintés d'une certaine sidération. Fascinante.
Méticuleusement positionnés. En harmonie au sein de sa demeure .
L'on pouvait parfois les apercevoir bouger lascivement comme pour exprimer encore un semblant de vie.
Témoins d'une humanité échouée. A la dérive. Déchus dans ce purgatoire au fin fond des Abysses.
Leurs âmes étaient piégés, conscients de leur perte.
En proie aux lamentations.
Pour toujours.
Une ombre apparaissait au loin.
Elle scruta la surface, de ses pupilles d'un noir profond qui s'illuminèrent d'un malicieux sadisme.
Un géant des mers était en approche. Un autre .
Puissant, robuste, à l'allure charismatique. De ceux qu'elle prenait le plus plaisir à anéantir.
Alors, elle ferma les yeux, comme pour se délecter de ces instants précieux. Sereins. Religieusement. Ressentir les prémisses du grand frisson vibrer en elle. Orgasmique.
Avant qu'elle ne déchaîne la fougue, qu'elle broie la carcasse de ce navire de miséricorde.
Plus rien n'existait, à part ses instincts sauvages.
Sa horde obscure hurlait de faim depuis déjà une heure.
Elle était insatiable. Elle aussi.
" Il est venu l'heure d'agrandir la famille... " dit elle à ses œuvres d'un ton joyeux déconcertant .
Et des milliers d'yeux bougèrent, s'écarquillèrent à l'unisson. Comme réveillés, possédés, soudain martyrisés par l'horreur de leurs souvenirs.
Puis d'un coup de nageoire, elle
disparut. Majestueusement, laissant dans son sillon un trouble
noir et nébuleux.
Le tourbillon précédant le chaos.
Divin.
Primitif.
D'une violence animale. "
La Muse Macabre®
" Sigma : Danse Macabre "
Photographie, Mise en Scène & Modèle : La Muse Macabre®
Tous Droits Réservés
" Je suis ce fantôme, ectoplasme errant au sein de ce lieu douloureux où autrefois j'enfermais mes maux en ces pierres tombales.
J’enracinais mes aigreurs...
Captive de ces limbes.
Me projetant vers un ailleurs.
Prisonnière de cette chrysalide, cet écrin instable dans lequel je me laissais envahir, je déversais mes trop-pleins d'émotions, toute l'étendue de mes failles.
De mes douleurs muettes.
Où je laissais couler ma colère, effluves torrentiels. Libérateurs.
Éprise d’une culpabilité spectrale.
Incrédule face à ces injustices.
Où je crachais mon désespoir, hurlais ma peine, exposais mes cicatrices.
Ces plaies béantes, putrifiées par ces silences mortels.
Sidérants.
Des questions sillonnant ma tête, de la rage plein les viscères; ce sang noir imperceptible prenant peu à peu possession de mes entrailles.
Une funeste Muse tumultueuse et mutante embrassant ses ténèbres, dansant avec ses morts.
Enveloppe clandestine devenant une de ces ombres durant ces ballets macabres. Divinatoires.
D'une beauté obscure.
Sauvage. Torturée.
Créature vampirique conjurant le mauvais sort en se nourrissant de ses désolations.
Comme lavée. Purifiée.
Ressuscitée par ses supplices.
Se scarifiant le cœur, se mutilant l'âme.
Forgeant et tailladant son art...
A présent Maitresse de ses Enfers.
En miséricorde. "
La Muse Macabre®
" En Muse à Mort "
Mise en Scène, Thème et Texte: La Muse Macabre®
Modèles : Hugues Roger, Molène & La Muse Macabre®
Photographie : Mioss
Styliste de la toile du bustier : Hugues Roger
Tous Droits Réservés
" En Muse à Mort "
" Alors qu'à l'atelier les essayages s'enchaînaient...
Les retouches de dernière minute plongeaient Hugues et La Muse au sein d'un entre deux.
Un univers parallèle articulé de fils, d'aiguilles et d'étoffes majestueuses à l'aura inspirante.
Le premier défilé se profilait, imminent.
A la nuit tombée, ces mois de créations verraient le jour, telle une éclosion éclatante.
Une collection sortie de sa chrysalide transformant le songe en réalité.
Molène somnolait, irradiée par le soleil qui transperçait les vitres, ces rayons intenses faisaient flamboyer son pelage d'un noir obscur et profond.
Ils s'activaient autour d'elle, et comme d'habitude, elle n'en avait que faire. Cela pouvait durer des heures, elle le savait.
Un bruit percutant se fit entendre.
Puis des interrogations, un malaise et des cris.
Bref. Efficace. Organisé.
Emportant Hugues et La Muse, inconscients.
Elle se mit à courir, gueule déployée, prête à en découdre.
Un vrombissement mécanique résonna soudain dans Plouhinec.
Echos assourdissant se répercutant jusqu'au port d'Audierne...
Une opaque fumée de poussière volait, sillonnait, comme suspendue dans les airs venteux de ces côtes sauvages aux embruns destructeurs.
Et l'on voyait Molène...
Apparaitre et disparaitre au cœur de ces nébuleuses tragiques. Sombres et volatiles comme de la cendre.
Annonciatrices du pire.
C'était un grand jour. Leur Jour.
Un tournant fatal.
Au parfum de scandale. "
La Muse Macabre®
" Des pas approchaient, se faisaient entendre au loin...
Lourds.
Tel un compte à rebours, lent, annonçant une suite bancale, sans retour. Peut-être.
Ils reprenaient conscience peu à peu. Haletants.
Les crânes comme emprisonnés. Douloureux. Cotonneux après ce trou noir.
Descente vertigineuse, comateux et pétrifiés par ce froid saisissant.
Etreints par ces cordes brûlant les chairs, les mains entravées, dos à dos.
Sans repères.
Aveuglés par un bandeau.
Mais où étaient ils? Etait-ce un mauvais rêve?
Ils n'eurent le temps de parler, qu'un bruit de chaise crissa sur le parquet...
Il était là. Silencieux.
Seule sa respiration était audible. Calme. Angoissante.
Il se leva. Solennel. Ôta leurs bandeaux. On ne pouvait entrevoir que sa bouche et ses yeux, épargnés par la cagoule.
Il se mit à rire à gorge déployée.
L'œil sadique, comme injecté. Souriant avec un plaisir non dissimulé face à ces proies faciles à sa merci. Sous contrôle.
Hugues et La Muse le regardaient, interloqués, apeurés. Totalement désorientés.
" -Vous, vous voulez quoi? lui demanda La Muse.
-Une rançon? continua Hugues. "
Il ne répondit pas.
Et sans un mot...
Il s'éloigna, satisfait. Son entrée avait été étincelante. Charismatique.
Digne des mises en scène qu'affectionnaient La Muse. Des étoffes les plus prestigieuses qui fascinaient Hugues.
Sa sanction serait à la hauteur de leur talent. Traque punitive. Abusive. Certes.
Mais ils devaient disparaitre au lieu de lui nuire, d'ignorer son existence. Méprisants de sa grandeur.
Alors, il allait leur montrer qui était le maitre du jeu, le marionnettiste qui d'un doigté habile articulait les ficelles.
Le spectacle ne faisait que commencer...
Il comptait se divertir un peu. Leur présenter l'étendue de son talent.
Avant de les faire sauter. Les anéantir. Pour de bon. "
La Muse Macabre®
" Un moment de flottement se fit sentir, la flamme de la lampe à pétrole faisait vaciller une luciole dans la pièce...
Ils étaient comme paralysés, les membres figés par l'étreinte, raidis par ce froid glacial ambiant.
Le lieu était presque sans vie.
Il n'y résidait que du vide, tout était mis en scène, mais sans grande inventivité. Sans recherche. Banal.
L'œuvre d'un apprenti se croyant maitre. Sans âme.
Quelques caisses de munitions étaient posées au sol, servant de bucher, d'autel, comme une offrande à on ne sait qui.
Des bâtons de dynamite étaient liés entre les cordages.
Bougies écarlates annonçant le coup final. Reliés par des fils s'étirant au loin...
Des odeurs persistantes de poudre, de souffre et des effluves carbonisés imprégnaient les airs.
Nauséabondes. Entêtantes et gerbantes.
Et des percussions de bombes illuminaient le ciel, stroboscopes assourdissants leurs tabassant le cerveau, le bulbe rachidien comme martelé par cet orchestre macabre.
Sursautant à chaque assaut.
Laissant supposer l'ampleur de la déflagration.
Ils se mirent à bouger, gesticuler dans tous les sens espérant se défaire de ces liens acérés tranchant les chairs comme des lames de couteaux.
Rien y faisait.
Ils n'étaient pas très éloquents, n'échangeaient pas comme à leur habitude en cette lugubre situation. Pesante et malsaine.
Impuissants face à cette mise à mort.
Mais des questions subsistaient...
Depuis quand étaient ils ligotés? Combien de temps s'était il écoulé depuis l'atelier? Et qui était ce? Ils ne le savaient guère. Trou noir.
Et le défilé...
Cette consécration tant attendue, fantasmée, évaporée dans cette fumée noire aux vapeurs de chloroforme.
Ils avaient été comme téléportés d'un endroit à l'autre. Tels quels.
Ils devaient se ressaisir où ce dernier acte leur serait fatal.
Soudain, La Muse aperçu les ciseaux d'Hugues au sol. Ils avaient dû tomber sans que l'autre ne les voit.
Elle se mit à se tordre, se contorsionner pour les atteindre de sa pointe de pied. Un effort vain. Hélas.
Puis se fut au tour du mètre ruban, toujours pendu au cou de son compère. Elle tira de toute ses forces, la bande serrée entre les dents. Ce qui griffa la gorge d'Hugues au passage.
L'objet était coupant, il n'y avait plus de doute.
Ils se mirent à le ruser sur les cordes, telle une scie de fortune. En cadence. Tenaces.
Les heures passaient...
Défilaient...
Une explosion retentissante éclaira soudain la pièce. Vibration dévastatrice. Flash diabolique faisant tomber les masques.
Elucidant bien des mystères et mettant à nu le plan final.
Leurs regards se figèrent à la vue de ce détonateur placé à quelques mètres.
Vision effroyable bien qu'ironique.
Assassine.
Dissimulée dans la pénombre...
La faim leur tordait les entrailles. Epuisés.
Assoiffés. La salive allait manquer.
Leur parole serait alors annihilée. Définitivement.
Il ne restait plus qu'une seule perspective.
L'ultime.
Hurler tant qu'ils pouvaient avant que la sèche ne les étouffe.
Et que se produise un miracle.
Au cœur de ce chaos. "
La Muse Macabre®
" Molène, quant à elle, avait erré durant des heures, des jours à flairer la piste. Ne pouvant se résoudre à abandonner.
Elle les retrouverait, elle le savait. Tout redeviendrait comme avant.
Doux et agréable. Les esprits s'échauffant à foison durant ses délicieuses siestes. Bercée par leurs délires fantasques et leurs aspirations démesurées...
Elle n'avait rien eu à se mettre sous les crocs. La fatigue, la faim la tiraillait. Comme moteur à sa croisade, guidée par ses instincts.
Alors, elle poursuivait sa route quand soudain elle entendit des voix familières.
Au loin.
Surexcitée, elle se mit à dévaler à travers les bois, déambuler à pleine vitesse entre ces arbres gigantesques.
Elle entrevit le hangar entre les broussailles, perdu au milieu des décombres.
Décor apocalyptique en approche, comme une bulle ténébreuse suspendue dans le temps.
Des cris faisaient écho au cœur de ce néant.
Aucun signe de vie à l'horizon. "
Elle se mit alors à courir quand ils la virent surgir de nulle part.
Sans réfléchir, elle rongea les cordes jusqu'à ce que les premières cèdent, libérant ces otages en délire.
Puis ce fut l'euphorie, les rires et la joie des retrouvailles. A peine croyable. Presque utopique.
Mais il n'y avait plus de temps à perdre, il fallait fuir. Vite, avant qu'il ne revienne et mette son plan à exécution.
La course fut effrénée, la découverte surprenante...
Mais où étaient ils? Esseulés au milieu de ce qui semblait être un champ de bataille aux allures hostiles.
Environnement dévasté, irréel aux effluves de souffre.
Ils étaient déboussolés malgré l'ivresse de cette délivrance.
Une horde d'avions se mirent à percer les nuages dans un bruit effroyable et assourdissant et des bombes tombèrent comme des fientes d'oiseaux à quelques dizaines de mètres.
Déflagrations à des fins assassines faisant trembler le sol, tressaillir les corps déjà épuisés.
C'en était trop, la Muse s'évanouit laissant Hugues et Molène maitres de leurs destinées.
Egarés au sein de cette boucle infernale au scénario sordide. "
La Muse Macabre®( " En Muse à Mort ", 2022 )
" Empoisonnée ( The Poison within ) "
Photo, Mise en Scène, Texte & Modèle : La Muse Macabre®
Tous Droits Réservés
" La Faucheuse est venue t'enlever une nuit...
Echappée lunaire à laquelle je suis restée impuissante quand tu as rendu ton dernier souffle.
Libération douloureuse achevée dans un râle, soupir fatal immergeant la chambre d'un silence plombant.
Phase terminale de notre union, baisser de rideau machiavélique.
Tu m'as toujours dit que la vie était comparable à une partie d'échecs opposant les loups aux moutons.
Te considérant bien plus robuste que moi...
Hélas!
Durant ces années, tu as mené la danse, abattant tes coups avec malice...
Me laissant prisonnière de tes manigances perfides.
Apprenant et m'élevant aux vices, malgré tout, à ton contact.
A présent, j'ai dépassé le maître mais tu ne le sauras jamais.
J'ai manœuvré dans ton dos, sournoisement, prenant mon mal en patience.
Tirant sous tes yeux les ficelles de ta destinée avec un plaisir intense.
Tragédie délectable assoiffant peu à peu la bête, la frustration la rendant bien plus dangereuse encore.
Dans l'ombre...
Aujourd'hui, je joue mon dernier Acte, ultime rouage de cette machine infernale.
Je m'avance vers l'Autel où reposent les cendres de nos désirs, paisiblement, admirative de mon chef d'œuvre.
Et dire que tu ne m'en croyais pas capable, trop faible et docile face à ton impunité toxique. Annihilant toute forme de révolte.
J'ai pourtant placé mes pions, devant toi. Te nourrissant chaque jour de mon venin, le sourire aux lèvres; jusqu'à ce que tu sois cerné et que tu défaillisses, emporté par cet effet boule de feu inéluctable.
Enflammant mon corps. Carbonisant le peu de raison à demeure dans mon esprit.
La mort-aux-rats seule pouvant étouffer ma haine, hantée et animée par tes mots. Tout ce temps.
Je ne pourrais jamais te quitter, disais-tu?
Alors regarde moi partir, m'éloigner...
Apaisée et glorieuse!
Allégée de ton poison...
Libre! Enfin!
Alors, mon amour, contemples-tu le coup du siècle?
Tellement fier de ce meurtre parfait, je l'espère...
Si digne de toi.
Mes pas résonnent au cœur de mes Enfers, je pousse cette lourde porte d'un bois sombre, dernier stigmate de mon fardeau.
Une chaleur solaire caresse mon visage et irradie nos lieux de crimes d'une clarté viscérale et hypnotique.
D'une splendeur funèbre si déroutante.
Et je t'accorde un dernier regard, je te dois bien cela...
Allez! Sans rancunes!
Prions pour l'absolution de mon âme...
La damnation de la tienne .
Echec et Mat! "
La Muse Macabre®